Retrouvez l'intégralité de l'analyse de Kamal Ouassaid — chiffres clés, comparaisons internationales et vision prospective — dans sa tribune publiée sur le Journal du Net.
L'essentiel à retenir
Les 4 points clés de l'article
L'IA séduit mais reste bloquée au stade de l'exploration
POCs à répétition, pilotes qui ne s'industrialisent pas : les entreprises européennes peinent à franchir le cap. Le frein principal n'est pas technologique mais organisationnel — acculturation, gouvernance de la donnée et lisibilité du ROI font défaut. Seules les organisations réellement data-centric passent à l'échelle.
Le cloud de confiance, entre urgence et flou réglementaire
Plus de 70 % des données cloud des entreprises européennes sont hébergées hors d'Europe. La France dispose du référentiel SecNumCloud, mais les contours du futur EUCS européen restent débattus. Ce manque d'harmonisation alimente le scepticisme face à la menace persistante du Cloud Act.
Le cloud européen existe — mais peine à convaincre
OVHcloud, Scaleway, Outscale disposent d'atouts réels en matière d'éthique, de sécurité et de confidentialité. Pourtant, les hyperscalers américains dominent par l'habitude et le manque d'alternatives perçues. Les initiatives hybrides comme Bleu ou S3NS illustrent les compromis technico-juridiques encore en jeu.
L'Europe doit passer d'initiatives isolées à une stratégie de filière
Avec 6 milliards investis en IA contre plus de 40 milliards aux États-Unis, l'écart se creuse. Pour peser, l'Europe doit mutualiser ses efforts par secteur — santé, finance, automobile — et construire des écosystèmes interopérables. À peine un DSI sur quatre comprend aujourd'hui ce qu'implique un cloud souverain.
La souveraineté européenne n'est pas un luxe idéologique : c'est la condition de notre autonomie stratégique dans un monde multipolaire. À dix ou vingt ans, la question n'est pas seulement : que veut faire l'Europe de l'IA ? Mais bien : quel rôle veut-elle encore jouer dans l'économie mondiale ?