TechShow Paris : "Résilience Numérique : le jour d'après"

Retour en vidéo lors de la dernière édition de TechShow Paris | Cloud & AI Infrastructure Paris

Les experts des marchés UGAP "Nuage Public" et « Prestations dans un environnement Cloud » ont pris la parole  sur le thème "Résilience Numérique, le jour d'après". Ils ont partagé leur vision sur la manière dont le Cloud améliore la résilience numérique !

Ce qu’il faut retenir ?
Un constat partagé par nos experts Didier Dekenuydt, Pierre-Arnaud Dessaignes et Matthieu Cantau : la résilience n'est pas une simple affaire de technologie. C'est une démarche stratégique qui engage la gouvernance, les budgets, les compétences… et la souveraineté.

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Bonjour à tous.

Je me présente : Didier DEKEYNUDT, directeur commercial chez Open au sein de la cellule centrale Secteur Public.

Nous allons passer une petite demi-heure ensemble pour parler de résilience numérique.

Je suis accompagné de Mathieu CANTAU. Bonjour à tous.

Mathieu est directeur de marché chez Crayon. Je suis également accompagné de Pierre-Arnaud DESSAIGNES. Bonjour Pierre-Arnaud. Il est CIO au sein d’Atos.

Comme indiqué, nous allons parler de résilience numérique.

En préparant cette table ronde, nous nous sommes posé la question suivante : qu’est-ce que la résilience ?
Nous avons retenu une définition assez simple : c’est la capacité d’un système à revenir à son état initial après des perturbations.

Appliquée au numérique, la résilience pose la question suivante : quelles sont ces perturbations ?

On parle ici de l’ensemble des risques qui peuvent menacer le bon fonctionnement de vos infrastructures et de vos applications.

Quelques exemples, sans être exhaustifs :

les risques de sécurité, notamment les cyberattaques

les risques opérationnels : incidents, pannes

les risques technologiques, comme l’obsolescence

les risques liés aux compétences

les risques réglementaires et de conformité

La question à laquelle nous allons essayer de répondre avec nos experts est la suivante : quel rôle joue le cloud dans ce contexte ?
Permet-il de mieux gérer ces risques et constitue-t-il un atout en matière de résilience numérique ?

La première question s’adresse à toi, Mathieu.

Depuis l’arrivée du cloud, qu’est-ce qui a changé dans la manière de mettre en œuvre la résilience de nos systèmes ?

Si l’on revient à l’origine, il fallait tout construire : commander des serveurs, implémenter le réseau, dimensionner les data centers, intégrer la climatisation, l’alimentation électrique… Bref, bâtir tout un ensemble d’infrastructures. Chaque projet pouvait prendre des mois, voire des années.

Puis une situation particulière est arrivée, que nous avons tous vécue : la crise du Covid.

À partir de ce moment-là, tout s’est arrêté brutalement. Il a fallu se moderniser très rapidement pour répondre à une explosion des besoins numériques.

Nous avons dû mettre en place le télétravail, connecter les utilisateurs, sécuriser les accès, déployer des services à grande échelle. Nous avons alors pris conscience de notre forte dépendance à l’infrastructure physique, qui pouvait devenir un frein à la continuité de service.

Beaucoup d’organisations se sont donc posé la question : comment changer de modèle ?
Comment passer d’un modèle fixe à un modèle beaucoup plus itératif ?

Le cloud ne doit pas être utilisé comme on construit un data center : il doit être consommé comme un service.

Nous sommes ainsi passés d’un modèle totalement figé à un modèle beaucoup plus flexible.
On consomme les ressources en fonction des usages, on augmente ou on réduit les capacités selon les besoins.

Aujourd’hui, tout va beaucoup plus vite. Par exemple, un plan de reprise d’activité dans le cloud peut être déployé en quelques jours et ajusté au fur et à mesure.

Cette agilité a profondément changé la manière de penser la résilience : on met de la robustesse là où c’est pertinent, et on évite de surdimensionner là où ce n’est pas nécessaire.

La résilience devient ainsi un dispositif d’adaptation permanente : apprendre des crises et construire un numérique plus souple et plus durable.

Merci Mathieu.

Pierre-Arnaud, concrètement sur le terrain, quelles sont les grandes démarches qui poussent aujourd’hui les organisations à basculer vers le cloud ?

Ce que nous constatons chez nos clients — et également en interne — c’est qu’il existe de nombreuses raisons d’aller vers le cloud.

Deux principales ressortent.

La première est la modernisation du système d’information et du legacy. Lorsqu’une organisation arrive à une phase d’investissements importants, notamment lors de renouvellements d’infrastructures, la question se pose naturellement : faut-il continuer à investir dans l’existant ou basculer vers une solution cloud ?

La seconde motivation est la recherche d’innovation.

Le cloud permet d’accéder à des technologies et à des services difficiles à mettre en œuvre dans un data center traditionnel.

C’est particulièrement vrai aujourd’hui avec l’intelligence artificielle.
Beaucoup de modèles nécessitent des GPU, et l’approvisionnement en matériel est souvent complexe.

Le cloud permet d’accéder facilement à ces ressources tout en limitant l’investissement initial, puisque l’on consomme ces capacités sous forme de service. On évite ainsi de lourds investissements pour des usages dont la pertinence doit encore être validée.

Le cloud apporte également de l’agilité à grande échelle, notamment grâce à l’infrastructure as code et aux nombreux services disponibles.

Aujourd’hui, les organisations se tournent donc vers le cloud à la fois pour moderniser leur système d’information et pour accélérer l’innovation.

Mais joue-t-il un rôle concret dans la résilience numérique ?

La réponse est nuancée.

On parle beaucoup aujourd’hui de modèles d’intelligence artificielle comme GPT, Copilot ou d’autres systèmes similaires. Ces technologies soulèvent naturellement des questions de résilience numérique.

Il y a aussi la question matérielle, notamment autour des GPU, majoritairement fournis par certains acteurs du marché.

Pour autant, il ne faut pas se limiter à l’aspect matériel. Il faut aussi considérer la dimension logicielle.

De nombreux modèles de langage open source offrent aujourd’hui un excellent niveau de résilience numérique. On peut citer par exemple LLaMA ou encore le modèle français Mistral.

Au-delà des outils, l’essentiel reste l’usage que l’on en fait.

Il existe bien sûr des cas d’usage métier, mais aussi des usages techniques très concrets, comme l’aide à la résolution d’incidents.

Aujourd’hui, beaucoup d’opérationnels utilisent déjà ces outils pour les assister dans leurs activités techniques.

Nous avons par exemple développé un modèle de langage entraîné sur les données du système d’information. Il permet d’analyser les incidents, de proposer des solutions et même de prédire certains problèmes.

L’intérêt est double : nous gardons une maîtrise complète des données utilisées et nous restons dans le contexte spécifique de notre environnement.

Les réponses obtenues sont donc plus pertinentes tout en restant parfaitement maîtrisées.

En résumé, l’IA accessible via le cloud permet d’analyser davantage de données et de logs, et donc d’apporter des réponses plus pertinentes en matière de résilience.

Exactement.
L’essentiel repose sur l’ingestion de la donnée, l’apprentissage à partir de ces données et leur mise à disposition auprès des équipes techniques ou opérationnelles.

L’objectif est simple : mieux prédire les incidents, les résoudre plus rapidement et, idéalement, les éviter grâce à la prédiction.

Nous avons évoqué les technologies, la modernisation et l’intelligence artificielle.

Mathieu, la résilience est-elle uniquement une question technologique ?
Se résume-t-elle à de la redondance et de la cybersécurité ?

Pas seulement.

La résilience n’est pas uniquement une question de redondance ou de cybersécurité. Bien sûr, la technologie joue un rôle important, mais la résilience est avant tout une question de méthode et de gouvernance.

Elle repose sur la capacité à garder le contrôle dans un environnement en constante évolution, à absorber les chocs et à éviter les dépendances technologiques, financières ou organisationnelles.

C’est aujourd’hui un véritable enjeu stratégique.

L’essentiel à retenir

  • La résilience numérique est une démarche systémique : gouvernance, compétences, architecture et conformité.
  • Le cloud transforme l’approche : on passe d’un modèle figé à un modèle agile et itératif.
  • L’IA renforce la capacité d’anticipation (AIOps, LLMs) — mais la résilience se joue d’abord sur l’architecture et l’organisation.
  • Les cadres réglementaires (HDS, SecNumCloud, NIS2) doivent être appliqués selon la sensibilité réelle des données, pas par défaut.
  • Le FinOps et la lecture comptable (référentiel M57) permettent d’inscrire le cloud dans une logique d’investissement lorsque c’est pertinent.
« La conformité n’a de sens que si elle est soutenable. Ces cadres sont des boussoles, pas des verrous. »
Didier DEKEYNUDT Directeur cellule centrale Secteur Public, Open

Marché UGAP Prestations dans un environnement Cloud

Le groupement Atos - Open soutient activement la transformation numérique de la sphère publique vers le cloud. Dans le sillage de la stratégie ‘Cloud au centre’ de l’Etat, l’UGAP propose aux acteurs publics un nouveau marché. Il leur permet d’accéder à l’ensemble des services nécessaires à leur transformation numérique vers le cloud.

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