«La souveraineté ne se résume pas à remplacer des logos américains par des logos français"

La souveraineté technologique s'est imposée comme l'un des deux sujets majeurs de l'année, souvent aux côtés de l'IA. Derrière un terme devenu omniprésent se cache une réalité protéiforme, où chaque organisation avance avec un niveau de maturité différent.

Dans une interview accordée à Channelnews, Philippe Kanony, Directeur général adjoint d'Open, partage sa vision. Réduire la souveraineté à la substitution d'éditeurs américains par des éditeurs français, c'est passer à côté des questions qui comptent vraiment : que se passe-t-il en cas de rupture ? Combien de temps un service continue-t-il de fonctionner ? Peut-on revenir en arrière ?

Retrouvez l'interview de Philippe Kanony par Johann Armand parue dans Channelnews.

4 points à retenir.

Deux axes, pas un seul : la dépendance et la résilience

La nationalité de l'éditeur n'est qu'une facette du sujet. Les vraies questions sont le risque de rupture d'approvisionnement, la continuité de service et la possibilité de faire marche arrière. La souveraineté se mesure à la capacité de continuer à fonctionner, pas à la couleur du logo.

Le pragmatisme avant l'idéologie

Open adresse le sujet depuis plusieurs années, par nécessité opérationnelle plutôt que par posture. Une part de son activité s'exerce dans le secteur public et auprès d'organismes d'importance vitale : des environnements contraints où la souveraineté est une exigence concrète, pas un slogan.

Cloud souverain adossé aux technologies américaines : une réponse, pas une garantie absolue

Les offres de type Bleu ou S3ns, dans la logique SecNumCloud, apportent une couche de gouvernance censée immuniser contre les lois extraterritoriales. Mais la vraie question reste la durée de résilience en cas de coupure : tenir deux mois ou douze mois ne place pas dans la même situation.

La bonne maille est européenne

Le cadre de la commande publique se joue à l'échelle européenne, où des contraintes peuvent être posées, là où la préférence strictement nationale n'a pas droit de cité. Pour Philippe Kanony, revenir à une échelle purement nationale ne se justifie que dans des cas très précis.

Le sujet ne se limite pas aux technologies. Il touche à la gouvernance, aux processus, à l’organisation, à l’acculturation des clients.
Philippe KANONY Directeur Général Adjoint

Les quatre principes d'arbitrage selon Open

L'approche d'Open est donc agnostique, adaptée au contexte, best of breed et réversible. Il n'existe pas de réponse unique : tout dépend de la sensibilité des usages, des contraintes réglementaires et des moyens. La réversibilité est l'exigence centrale.

L'enjeu principal reste d'aider chaque organisation à prendre les bonnes décisions selon son niveau de risque, ses contraintes et ses moyens. C'est précisément le rôle d'Open : accompagner ces arbitrages sans dogmatisme, pour qu'ils se traduisent par des choix concrets, mesurés et réversibles.

Avec près de 4 000 collaborateurs en France, Open affirme son positionnement comme un acteur de services souverains. Un critère qui pèse de plus en plus dans les décisions, y compris quand il n'est ni écrit ni formulé.

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