Les chatbots sont-ils stupides ?

Tribune de Christophe Tricot, Manager Intelligence Artificielle, Kynapse

Les Echos Solutions | 14 décembre 2017 |

D’un côté les chatbots (ou agents conversationnels) sont associés à l’intelligence artificielle et de l’autre nous sommes souvent déçus lorsque nous les utilisons. La cause de cette situation est principalement terminologique : bien qu’il utilise de l’intelligence artificielle, un chatbot n’a rien d’une intelligence artificielle. Que se cache-t-il sous le capot de ces agents conversationnels et plus particulièrement où se cache l’intelligence des chatbots ?

Intelligence artificielle ne rime pas avec intelligence

L’intelligence artificielle est un ensemble de techniques et de technologies reproduisant ou s’inspirant de principes cognitifs (ou supposés comme tels) pour résoudre des problèmes complexes. On peut alors considérer l’intelligence artificielle comme du mimétisme cognitif. Voici quelques exemples populaires de technique utilisant de l’intelligence artificielle :

  • La reconnaissance visuelle pour identifier des formes dans une image
  • La reconnaissance vocale pour convertir un fichier audio en texte
  • Le traitement automatique des langues pour extraire des informations d’un texte et pour en comprendre le sens
  • Le raisonnement automatisé (avec des systèmes experts) pour diagnostiquer une maladie à partir de symptômes

Pour autant, les applications utilisant ces techniques ne sont pas pour autant intelligentes.

Un chabot n’est pas fait pour être intelligent

Lorsque que l’on parle d’agent conversationnel ou chatbot, nous évoquons un programme de discussions mais inconsciemment nous y associons l’imaginaire du concierge aux Clefs d’Or qui peut répondre à toutes nos demandes et même anticiper nos désirs.

Certains nomment ce phénomène le “syndrome de Siri” (du nom de l’assistant vocal sur les iPhones et iPad) qui se constate lorsque l’on interagit avec un chatbot et que nous nous sentons obligé de vérifier si le chatbot est “vraiment intelligent”. Les utilisateurs testent et jugent le chatbot au milieu d’une conversation en posant une série de questions sans rapport avec le sujet initial telles que “Quel temps fait-il ? Quel âge avez-vous? Quelle heure est-il? Qu’es-tu? Qui est ton maître? Combien fait 1 + 2 ?”. Notre imagination s’attend toujours à discuter avec une personnalité super-informée et très sensible.

Mais les agents conversationnels ou chatbots ne sont pas conçus pour proposer un service de conciergerie de luxe ou un confident douée d’une grande empathie. Ils n’ont pas vocation à tout traiter. On leur demande de faire peu de choses mais surtout de bien les faire.

Pour comprendre cela et tenter de casser ce mythe du super assistant virtuel digne d’Hal 9000 ou celui du film Her regardons comment est construit un chatbot.

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Christophe TRICOT
Manager Intelligence Artificielle
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